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Les grandes étapes du processus démocratique.
Il
faut remonter à l’année 1987 pour trouver les prémices du retour au pluralisme
politique au Cameroun. Cette année là en effet, le RDPC alors parti unique,
applique en son sein le principe des candidatures multiples à l’occasion des
élections municipales. L’expérience sera renouvelée en 1998 avec les élections
législatives. L’on assiste alors à de joutes politiques très serrées qui donnent
une première idée dès la fin de la décennie 80..
L’année 1990 est marquée au Cameroun
par une série de revendications populaires pour plus de démocratie et de
liberté. Le chef de l’Etat ne restera pas sourd à cet appel du peuple ; c’est
ainsi qu’une série de projets de lois sur les libertés d’expression et
d’association sera déposée sur la table de l’Assemblé Nationale. Après
délibérations et amendements, il en
sortira ce que l’on a appelé les « Lois sur les libertés». Le Cameroun renoue
officiellement avec le multipartisme en décembre 1990 après la promulgation de
ces Textes par le Chef de l’Etat.
Dès Février 1991, les premiers
partis politiques sont légalisés. Ils sont plus de 188 à ce jour. Les
revendications ne cessent pas pour autant. Regroupés au sein de la Coordination de partis
politiques et des associations, les toutes nouvelles formations politiques
revendiquent l’organisation d’une « Conférence Nationale
Souveraine ».
Le Chef de l’Etat répondra à cette
demande de dialogue par l’organisation d’une « Conférence Tripartite » qui
regroupe du 30 octobre au 15 novembre 1991, au Palais des Congrès de Yaoundé, le
parti au pouvoir, l'Opposition et la Société civile. Les travaux sont présidés par le
tout nouveau Premier Ministre Sadou Hayatou, nommé en avril 1991 à la suite d’un
amendement de la constitution.
Dès le premier Mars 1992 et en
application des conclusions de la Conférence tripartite, des élections législatives
sont organisées. Malgré le boycott de l’opposition radicale, le RDPC en sort
vainqueur avec 88 sièges sur les 180 de l’auguste chambre. Pour obtenir la
majorité absolue il doit composer avec le MDR (6 sièges). L’opposition
parlementaire est quant à elle, composée de l’UNDP (68 sièges ) et de l’UPC (18
sièges).
Amélioration progressive du
cadre juridique
L’élection présidentielle anticipée
du 11 octobre 1992 est la deuxième étape majeure du calendrier électoral issu de
la Tripartite La loi électorale y afférent
est adoptée à l’issue d’une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale.
Cette loi de tendance libérale sera appliquée pendant le scrutin qui connaîtra
la participation de 6 candidats.
Paul BIYA pour le RDPC en sort
vainqueur avec près de 40% des suffrages.
John FRU NDI du SDF est classé
deuxième ; Bello Bouba MAIGARI de l'UNDP est troisième suivi de Adamou NDAM
NJOYA pour l'UDC, Jean-Jacques EKINDI
pour le MP et EMA OTOU PPW pour le
RFP.
Après un large débat national et des
consultations tous azimuts le gouvernement propose à la représentation nationale
un projet de loi portant reforme de la constitution de 1972. Les modifications
sont à la hauteur des consultations opérées en amont. La loi fondamentale sera
adoptée à l’occasion de la session ordinaire de l’Assemblée Nationale de
Décembre 1995. Le Président BIYA promulgue la nouvelle Constitution le 18
janvier 1996.
Le Texte fondamental est caractérisé
par des innovations fondamentales: La décentralisation avec la création des
régions ; l’instauration d’un pouvoir judiciaire ; la création d’un Conseil
Constitutionnel et d’une Chambre des Comptes à la Cour Suprême. Le
passage du mandat présidentiel de 5 à 7 ans est l’autre innovation majeure de
cette constitution révisée.
Après l’Assemblée Nationale les
Conseils municipaux se soumettent au verdict des urnes pour la première fois
depuis le retour au multipartisme. Les élections ont lieu le 21 janvier 1996.
Cette élection consacrera la domination des partis d’opposition (UNDP et SDF
notamment) dans les principaux centres urbains du pays.
Les 18 et 19 mai 1997 se tiennent
les deuxièmes législatives pluralistes. Le RDPC en sort vainqueur avec une majorité absolue ; le SDF, l'UDC, l’UNDP l'UPC, le MDR et le MLDC obtiennent aux aussi
des sièges. Ces élections seront suivies en octobre de la même année par le
scrutin présidentiel une fois encore boycotté par le SDF. Le président Paul Biya
en sort vainqueur.
Il a fallu attendre Mars 2002 pour
voir le camerounais se rendre à nouveau aux urnes dans le cadre des élections
législatives et municipales couplées. Cette fois encore le grand vainqueur a
pour nom le RDPC ; l’on constate toutefois que le SDF est intraitable dans le
Nord-ouest et l’UDC dans le département du Noun.
Avec l’effondrement de l’UNDP ces
deux formations politiques constituent les têtes de proue de l’opposition
camerounaise. Elles ont pris la tête d’une coalition qui revendique
l’informatisation du processus électoral et qui ambitionne de présenter un
candidat consensuel à l’élection présidentielle du 11 Octobre 2004:-
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